ECS Algérie/12èmeRCA

Escadron de Commandement et des Services

03 avril 2010

Témoignages concernant le PC et l' E.C.S.

 

12_RCA_OLEKSIUK_2_portrait_petit  MDL Michel OLEKSIUK - Classe 56 2/A - 1er Escadron.

Une sortie du Colonel du CHENE.

Le vingt septembre 1958, le Colonel HUOT laissait sa place à la tête du 12ème R.C.A. au Lieutenant-colonel du CHENE. Celui-ci voulu, quelques jours après, faire la connaissance de ses hommes et de ses Unités combattantes. Il décida d'aller rendre visite au 2ème Escadron dans les montagnes, au HAMMAN DALAA. Je fus désigné pour l'escorter avec mes deux AM.

Nous partîmes donc, le Colonel dans son AM au milieu de nous. Après plusieurs kilomètres, nous avons pris la piste sur la droite, nous progressions à petite allure, ce n'était pas trop plat, le temps était sec et beau. Je faisais pointer la tourelle et son canon à gauche ou à droite en direction de quelques objectifs qui auraient pu abriter d'éventuels assaillants. A mi-parcours peut être, le moteur de mon AM se mit à ne plus tourner rond. Nous continuâmes cependant, mais au bout d'un kilomètre ou deux, il a fallu s'arrêter car ça ne tournait plus rond du tout. Mon pilote ronchonnait après le chef d'atelier qui ne voulait pas lui remplacer ses bougies. Il n'en avait même pas de secours ! Devant la situation, je dus réagir. Je descendis et allais demander au chauffeur du Colonel s'il n'avait pas des bougies à nous prêter. En arrivant, je saluai et j'expliquai la situation au grand Chef. Heureusement qu'ils étaient mieux équipés que nous ! Je repartis en courant. Pendant ce temps là, mon pilote avait déjà démonté les défaillantes, et après avoir remonté les bonnes, nous repartîmes sans encombre. Une fois arrivés au 2ème Escadron, le Colonel passa en revue les hommes et les chars et puis s'entretint avec le Capitaine et ses Officiers. 

Apres deux heures environ, nous prîmes le chemin du retour avec la même tactique ; mon tireur avait compris et je crois que l'AM à l'arrière nous imitait. Le lendemain matin, je reçus l'ordre de rentrer mon AM à l'atelier. Elle en ressortit avec un jeu de bougies tout neuf. Nous avons remis celles empruntées et nous en avons eu quatre bonnes de secours. Le capitaine JEANDET avait du se faire rappeler à l'ordre. La sécurité du Colonel valait plus qu'un jeu de bougies. En même temps, le Lieutenant LEROUX me transmit les félicitations du Colonel pour mon escorte. Il l’avait appréciée. Je retransmis aussitôt celles-ci à tous mes hommes. Je me souviens de mon tireur, il n'était pas qu'un peu heureux ! « Tu te rends compte » disait-il « Les félicitations du Colonel ! ». Celui-ci avait peut être une façon particulière de se faire apprécier par ses hommes. 

 

Bizutage et autres blagues de régiment.

Bien que le bizutage soit interdit de nos jours et puni par la loi, il y a en a toujours plus ou moins. Mais il y a cinquante ans, c’était une institution dans tous les établissements où il y avait des jeunes, et l’armée ni dérogeait pas.

Au 12ème RCA, Régiment de Cavalerie moderne avec des chars et autres blindés, la graisse était toute trouvée pour perpétuer cette tradition. Quelques uns y échappaient, mais la plupart des bleus y avait droit. Ceux qui le prenaient bien, en riant, avaient droit à une demi-dose, mais les mariolles et les récalcitrants avaient une dose complète avec cinq ou six gars qui se mettaient après vous, vous ne pouviez pas y échapper.

Le plus dur dans cette affaire, c’était de se laver après et faire disparaitre cette graisse. A l’époque, nous n’avions pas de Dop, ni d’Omo, ni d’eau chaude... que du savon !

Je vais vous raconter une histoire qui, cinquante ans après, me fait toujours rire quand je l’évoque.

Des jeunes recrues, des « bleus » comme on les appelait, étaient arrivées depuis quelques jours et les « anciens » voulaient leur faire une blague ! Un margis allait les prévenir dans la chambre que ce soir, il allait y avoir une revue  à neuf heures. Le margis tentât de les rassurer : «Ce n’est rien, il vous faudra prendre une bonne douche avant, et tout ira bien vous verrez».

Pendant ce temps, un « pince sans rire » avait trouvé un képi de Maréchal des Logis, et avec du papier chocolat s’était fait des barrettes qu’il avait accrochées sur sa veste. Il avait surtout trouvé une baguette, un stick comme on appelait ça, qu’affectionnaient certains Officiers, comme en avait le Capitaine JEANDET qui ne s’en séparait jamais.  A l’heure dite, on entendit claquer des pas dans le couloir pour accentuer l’anxiété et la porte s’ouvrit : « Garde vous ! » cria le chef de chambre. Et tous les jeunes étaient au garde à vous au pied des lits. Le « capitaine » s’avançât avec deux Sous-off à ses côtés, il regarda la chambre un moment, alla devant un jeune, lui demanda de se présenter car il ne savait pas encore de quelle région ils étaient, et puis commença l’inspection : « Ouvrez la bouche ». Il regarda les dents puis dit : « Faites AH ! » … Il fit la grimace et dit : « vous savez ici, au Régiment, il y a un dentiste, il sait très bien arracher les dents, il ne faut pas hésiter à aller le voir». Ensuite il ordonna au jeune de lever les bras, et se retournant vers ses deux acolytes, leur fit signe d’aller sentir. Ils firent un peu la grimace ! Dans la chambre personne ne bronchait, tout le monde était resté au garde à vous, je puis vous l’assurer. Ensuite il demanda au jeune de se retourner et de se pencher en avant, toujours avec sa baguette, il donna un coup avec son stick sur le derrière, fit relever le pauvre bougre et s’en alla vers un autre pour recommencer son manège. Mais pendant ce temps là, le couloir se remplissait de copains qui voulaient voir par la porte entre baillée et qui se bidonnaient à qui mieux mieux. Les jeunes finirent par comprendre que c’était une blague et se mirent à rire aussi.

12_RCA_Maujean_Jacques__12__RCA___1960__Petit MDL Jacques MAUJEAN - 60 1/A - Administratif à l'ECS:

Au 12ème RCA de début mars 1960 à mi-mai 1962. Pour nous les appelés, il n'était pas question de guerre, mais de maintien de l'ordre dans un département français. Nous accomplissions notre service militaire, temps légal de 18 mois, et étions maintenus au-delà de la durée légale (ADL), soit 27 mois. Nous n'étions pas traumatisés lors de notre départ. Le séjour, avec une seule permission, était bien long et très inégal dans les affectations. Les plus éprouvés par cette séparation étaient les parents et la fiancée.

Mes activités principales au sein du 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique étaient d'une part la fonction administrative ( Calcul de la solde et son paiement, traitement des dossiers de succession suite à décès (Trésorier), et d'autre part l'accomplissement d'une mission à caractère social auprès de la population indigène ( 3ème Bureau PH).

J'ai assuré plusieurs postes au sein du bureau du Trésorier selon mon grade et mon ancienneté. La solde spéciale consistait à préparer la solde des "Supers ADL" (maintenus au-delà de 24 mois), les primes des S/Officiers d'active ou de carrière (telle la prime de séparation, de risque, etc...). Le calcul de la solde des harkis était plus compliqué en raison des catégories: Harki à pied, harki à cheval ou sans cheval, harki à cheval amenant son cheval, avec harnais, avec ou sans fourrage etc...Nous allions avec l'Adjudant Chef BIGOT et le MDL ATHUIL chercher l'argent à BBA. Pendant le temps des ouvertures de route, nous étions accompagnés de blindés légers. Toutes les soldes (pour environ 1100 hommes) étaient payées en liquide. Nous allions à la Citadelle de Sétif porter les états d'alimentation A1 et A2, et charger le tabac, les rations et autres approvisionnements.

Pour être intellectuellement honnête et ne pas minimiser mes actions "guerrières", je dois avouer avoir patrouillé et monté trois embuscades de nuit en tant que chef de peloton. La venue du Capitaine BASTIAN avait changé l'ambiance et la routine de l'ECS. Cet officier estimait qu'en plus de nos fonctions journalières, nous devions avoir une activité nocturne, participer au maintien de l'ordre dans le secteur de M'Sila. On ne parlait pas de guerre à cette époque. Le Capitaine appelait un Sous-officier dans son bureau, lui faisait mémoriser une vue aérienne quadrillée, comme une grille de bataille navale, et lui donnait l'ordre suivant : " Untel, vous montez une embuscade là - pointant son doigt sur le point dévolu- à telle heure. Désignez et prenez les hommes que vous voulez et surtout, pas de reconnaissance de jour " En général, les gus se défilaient, avaient toujours des missions impératives le lendemain matin ! Quoique l'on dise, un MDL appelé, et de surcroit bureaucrate, n'avait pas beaucoup d'autorité auprès de ses copains. Enfin, cela se faisait quand même. Armement : Carabine US M1, PM, Mat 49, pas de papiers, pas de monnaie dans les poches, pas de cigarette, pantalon de treillis retaillé ou culotte de survêtement pour éviter les bruits de frottement, pataugas. En déplacement garder ses distances, surtout au retour quand tout c'est bien passé. Le chouf durait en général deux heures.

Je n'ai jamais accroché et je n'ai jamais su si le Capitaine avait vraiment des ordres et des renseignements sérieux sur le passage de fellaghas justifiant ces embuscades.

12_RCA_GASCOIN_petit Brigadier Maurice GASCOIN- 61 1/C - Barman du Mess Sous-officiers.

Originaire de la Mayenne, je suis parti directement en Algérie le 6 mai 1961 pour arriver à Alger le 8 mai. J'ai été affecté à Hussein-Day, au 5ème régiment de Spahis, pour faire mes classes: deux mois à crapahuter et deux mois dans les cuisines pour apprendre le métier. Puis, j'ai été envoyé au 12ème R.C.A. pour rester à l'Escadron de Commandement et des Services, et j'ai été dirigé vers le Mess des Sous-officiers. Après quelques mois comme cuisinier, je suis devenu barman suite au départ de l'ancien barman qui était libérable, ce que je fis avec plaisir jusqu'à ma libération, en janvier 1963. Courant 1962, nous avons déménagé de M'Sila pour Tazmalt, où nous ne sommes restés que deux mois, juste le temps d'aménager le bar. Ce déménagement de M'Sila a donné beaucoup de travail. Pendant quelques jours, il a fallu démonter les cuisines, rassembler toutes les chaises et tables, nos lits, et tout entasser dans les GMC; mais nous étions limités en camions.

Tazmalt se trouve dans la vallée de la Soummam, avant Akbou, en direction de Bougie. C'est une belle région, il y a beaucoup de champs d'oliviers. Nous ne sommes pas restés assez longtemps pour visiter, c'est dommage. Nous sommes restés un peu nomades à Tazmalt. La seule chose que nous avons laissé, c'est une fresque, sur un pan de mur, peinte par un chasseur, qui, je crois, représentait un paysage de la région.

Ensuite, nous sommes repartis sur la base d'Aïn-Arnat, à côté de Sétif. Le déménagement a été beaucoup plus facile et nous n'avions rien à installer puisque nous prenions en compte le mess existant. Le bâtiment du Mess était au nom du Maréchal de LATTRE de TASSIGNY. Là, j'avais un grand bar et beaucoup de travail, car le nombre de Sous-officiers était plus important, mais c'était agréable, je finissais rarement mes journées avant minuit, mais nous étions deux à servir. Notre capitaine était le capitaine BASTIAN, c'est lui qui m'avait fait passer l'examen pour être Brigadier. Il venait au Mess de temps en temps. J'ai connu, bien sur, beaucoup de Sous-officiers pendant cette période. J'ai gardé quelques noms et adresses sur un carnet vieillissant.

 12_RCA_MALVILLE_petit  Adjudant Daniel MALVILLE

Le 21 janvier 1959, je rejoignais le 12ème Régiment de Chasseurs d'Afrique stationné à M'Sila, dans le Constantinois. Je fus affecté à l' ECS, adjoint au chef des Services Techniques, et responsable en plus du matériel du Secteur, dont le régiment était le support. Les escadrons étaient répartis dans la nature et les opérations de "maintien de l'ordre" allaient bon train. Notre Escadron était lui même réparti en 4 points de la ville de M'Sila qui comptait 15.000 habitants, dont une centaine de civils européens. Elle était coupée en deux par un oued, et un char avait le canon pointé nuit et jour sur un pont qui reliait les deux quartiers. Ce quartier interdit était très populeux et cent pour cent musulman.

Je fus désigné par la direction du matériel de Constantine pour mettre en place une nouvelle comptabilité, vu l'importance de mon régiment et du secteur. Elle s'adaptait fort bien à nos besoins et me convenait parfaitement. Je dus faire de nombreux rapports et finalement, cette comptabilité fit l'objet d'un BO du Ministère et est encore en vigueur aujourd'hui dans toute l'Armée de Terre. J'avais énormément de travail et faisais beaucoup d'inspections dans les postes: armements, optique, munitions, matériels de lutte contre l'incendie, équipements, etc...Je m'y rendais soit en jeep ou GMC, soit en hélicoptère ou en avion. J'étais très bien reçu par tous les chefs de peloton ou d'escadron au sein desquels j'avais de nombreux amis.

Nous avions formé, dans le Secteur, des groupes d'auto défense (G.A.D.) composés de civils musulmans. Ils étaient armés de fusils de chasse que nous recevions de la manufacture d'armes de Saint-Etienne. Chaque fois que je passais une inspection, la moitié des percuteurs était cassée ! Ces fusils, tous neufs, étaient repris, envoyés à l'ERM qui les réformait et les découpait au chalumeau, et je redistribuais des fusils neufs à ces G.A.D. Quel gaspillage ! Il fallait comprendre ces malheureux civils pris entre l'Armée française et les fellaghas, obligés de se soumettre aux uns et aux autres, acceptant notre armement pour se défendre à notre profit et obligés de le saboter pour plaire, ou sous la pression, à leurs frères musulmans en rébellion. Un ordre nous parvint, un jour, nous demandant de pacifier nos quartiers interdits. Le Commandant du 2èmeBureau me fit désigner par le Colonel avec 3 de mes collègues, et nous affecta chacun un quartier de M'Sila. Gros travail supplémentaire et parfaitement inconnu. Mon quartier se situait de l'autre côté de l'oued et sa population était de 831 habitants. La première fois que je m'y rendis accompagné de deux hommes armés, je ne flambais guère ! Prévenu sans doute par le fameux téléphone arabe, toutes les maisons étaient fermées, il n'y avait pas un chat dans les ruelles. Quelques jours plus tard, je rencontrais des enfants à qui je distribuais des bonbons. Au bout de 3 ou 4 semaines, pas mal d'hommes acceptaient la conversation. La langue arabe, que j'avais apprise en Tunisie, du moins ce qu'il m'en restait, me servit. Trois mois après, j'allais, seul et sans arme, prendre le café dans plusieurs maisons. J'avais désigné un chef de quartier et des chefs d'ilots qui me rendaient compte de tout ce qui se passait, en tous cas, ce qu'ils voulaient m'en dire.

J'avais invité un soir tous mes chefs d'ilots et de quartier à un repas au mess. ils ont bu du vin comme nous et lorsque l'un d'eux a désiré remettre ce repas chez lui, il a cru mieux faire que nous, en remplaçant le vin Algérien par du Martini Français. Nous étions 5 ou 6 Officiers et S/Officiers à ce repas. Le Capitaine adjoint, le Capitaine PEREGO, avait tenu à mettre des patrouilles en armes tout autour du quartier. Sait-on jamais ! Je me revois encore, assis sur une borne-fontaine, au milieu d'une petite place, avec 200 hommes autour de moi. Je leur expliquais ce qu'était un vote, de quelle façon on votait. C'était la veille des élections cantonales. Après tant d'années de présence française, ils allaient participer véritablement à une élection les concernant.

Lorsque je venais en France, pardon, en Métropole, je faisais toutes les pharmacies possibles en quête de médicaments gratuits. J'en remportais une pleine valise que je distribuais, pour les yeux, les oreilles, le foie, l'estomac, les intestins, les douleurs, que sais-je encore ! Ne parlons pas des kilos de bonbons pour les gosses. Lorsque je quitterai M'Sila, mes amis civils m'accompagneront à la gare de Bordj et m'offriront quelques souvenirs.

Notre chef de fanfare qui était musulman élevait un petit mouton pour le faire marcher devant sa formation. Un jour, il partit en stage à Saumur et nos musiciens, qui en avaient marre de nourrir cette bête, l'ont sacrifié sur l'hôtel de l'Aïd el Kébir ! Sa peau, que j'avait tannée et ramenée en France, m'a servi à faire des semelles pour mes bottes. Il a fallu faire croire au chef, à son retour de stage, que le mouton, malade, était mort.

Par décret paru au JO du 24 mars 1961, je reçus la Médaille Militaire. Le Colonel me la remit au cours d'une importante prise d'armes. Voici le texte de la Citation : "Sous officier qui, dans les importants fonctions administratives dont il a été chargé depuis janvier 1959, n'a cessé de donner entière satisfaction. A visité à plusieurs reprises tous les postes du Secteur, dont certains sont situés en zone d'insécurité. Mérite d'être cité en exemple pour le courage particulier qu'il manifeste depuis plus d'un an, à la tête d'une équipe de contact de la ville de M'Sila. Entrainant les Sous-officiers plus jeunes, a permis le retour de la confiance dans les quartiers de l'est de M'Sila, que seules, les patrouilles armées avaient pu jusque là parcourir".   

Je fus relevé le 17 juillet 1961. Commençant à craindre l'avion, je pris le bateau à Alger pour débarquer à Marseille le 19 juillet.

12_RCA_GRUART_4_petit Brigadier Marcel GRUART - 60 1/B - Chauffeur à l' ECS :

Début du service le 2 mai 1960, 4 mois de classe au CIDB à Trèves aux FFA (Allemagne), ventilé fin août 1960 comme pilote AMX 13, envoyé au 12ème Cuirassiers à Tübingen (70 kms de Stuttgart), régiment de chars Patton M45 en attente ...de chars AMX.

Sans chars, mais possédant nos permis VL, PL et engins chenillés (validés), nous sommes mis au Peloton Transport pour créer une formation de chauffeurs VL et PL au régiment. Nous sommes "bombardés" moniteurs FRAC, car les pilotes de chars Patton ne possèdent pas de permis auto, le char étant en conduite automatique. En janvier 1961, je passe Brigadier. Une période assez "cool" pendant dix mois.

Juin 1961, départ pour l'Algérie et le 12ème RCA via Marseille et le bateau "Sidi Okba" pour 24 heures de traversée. Mis au Peloton Transport de l'ECS à M'Sila, je fais avec un Chevrolet 12_RCA_GRUART_3(GMC avec un pont), le chauffeur pour le vaguemestre, et fais la route Bordj-Bou-Arreridj - M'Sila tous les jours (236 virages pour 60 Kms environ) pendant 5 à 6 mois, sans incident majeur. Ensuite, je "bricole" un peu, quelques sorties comme chauffeur pour le 2ème Bureau avec le Commandant LEGUIL, quelques déménagements dans les escadrons, avec un cadeau des Fells, une mine qui explose sous un camion civil juste12_RCA_GRUART_1devant nous au retour, quelques maintien de l'ordre et opérations dans les environs de M'Sila, pas de fait historique notable !!!

Et un jour, je reçois un camion-citerne à Eau (malheureusement) de marque Simca, pour l'apport d'eau aux Escadrons près de M'Sila et servir en cas d'incendie sur l'ECS, car le toit de la 12_RCA_GRUART_2cuisine avait brûlé peu de temps avant à cause des réchauds à essence un peu vétustes. Ordre impératif du "patron": Le camion toujours plein, mais pas le chauffeur ! Avec mon Simca, j'ai également alimenté le camp de prisonniers civils de Djorf, suite à des manifestations à Alger et à Oran, détenus dans une sorte d'ancien domaine de colons, à quelques kilomètres de M'Sila. Accueil super sympa des "locataires" envers nous: Apéros, cigarettes, bouffe à toutes les mechtas !!!

Ensuite le 12ème a déménagé dans la région de Tazmalt. Pour cette période, je ne me souviens plus grand-chose, sauf que c'est là que j'ai eu la quille, fin juin 1962, et suis rentré via Alger, puis sur le bateau "Ville d'Alger" pour 16 heures de traversée, puis Marseille, et ensuite direction Lille en convoi militaire ferroviaire, bien content d'avoir sauvé ma peau ! Après 26 mois et 13 jours de service. Voilà ce que je pense avoir fait pendant mon séjour aux FFA et en AFN.

12_RCA_MAHEO_petit Brigadier Edmond MAHEO - Classe 59 1/C - ECS Atelier Régimentaire

Mai 1959: Arrivée au Lido: 4 mois de Classe et Peloton d'élèves Gradés.

Septembre 1959: Ventilé au 12ème RCA à M'Sila. Affectation à l'Atelier Régimentaire avec pour fonctions :

Protection de l'Atelier, diverses tâches de menuiserie, garde de nuit à la SAS (permanence téléphonique), visites en ville et dans les faubourgs pour de l'action sociale (Pacification), distribution d'essence aux blindés lors des grandes opérations.

J'ai gardé de bonnes relations avec les copains mécaniciens en poste avec moi : Raymond Noël, Marcel POTELLE, Rémi CREPINEAU, André LOUAPRE, Michel PRIOUZEAU. Dans mes souvenirs, nous avions comme supérieurs notamment l'Adjudant Chef BODEZ et le Chef HUET. Que retenir de ces 27 mois passés en Algérie ? Un dépaysement total avec la Métropole: Le climat, la population, la vie au Régiment, une ouverture d'esprit et surtout les rencontres de mes camarades que j'ai toujours plaisir à retrouver chaque année.

12_RCA_MERIOT_petit Brigadier/Chef Bernard MERIOT - Classe 57 1/C - Peloton Pionniers ECS

Appelé à Metz le 2 juillet 1957, départ le lendemain pour Marseille. Quelques jours en transit au D.I.M. Sainte-Marthe, puis départ pour Oran sur le "Ville de Tunis". De là, départ en train jusqu'à la frontière Algéro-Marocaine à Oujda, puis arrivée le 13 juillet au 4ème Régiment de Spahis Marocains à Fez. Classes à Imouzer du Kandar puis Fez à nouveau. Stage de conduite VL-PL, EBR, Peloton Brigadiers, permission en mars 1958. Au retour de permission, stage radio graphie-morse au Quartier Baudot à Meknès. Départ pour l'Algérie en septembre 1958 avec embarquement sur le "Dives" de 300 spahis. A Alger, cantonné à Beni-Messous pendant plus d'une semaine, puis départ pour le 12ème RCA par les Portes de Fer et la gare de BBA. Arrivée à M'Sila, affecté au Peloton Pionniers sous les ordres de l'Adjudant WATTENNE et du Commandant LE DUC. Changement de vie pour moi où la discipline était moins stricte par rapport au 4ème RSM. Bonne ambiance dans le Peloton. Les sorties étaient nombreuses, de jour comme de nuit, et surtout variées. Nous avons participé aux grandes opérations "Etincelle" "Jumelle" commandées par le Général CHALLE. Etant de la classe 57 1/C, je suis libéré en octobre 1959. Embarquement à Alger sur " El Djezair". La boucle est bouclée. Je suis resté en contact avec mes potes du Peloton et leur ai même envoyé quelques bouteilles de Champagne pour Noël 1959.

 12_RCA_MINCHIN_2_portrait  Brigadier Jacques MINCHIN - Classe 62 2/B - Comptabilité ECS

En ce qui concerne mon parcours, je suis de la classe 62 2B, j'ai été appelé en septembre 1962, j'avais 19 ans et demi, à l'époque avec las classes creuses nous étions appelés avant 20 ans. J'ai fait mes 4 mois de classes au camp de Carpiagne à Cassis, près de Marseille, ensuite nous avons été envoyés en Algérie et après un long voyage (bateau, train, camion) nous sommes arrivés à Aïn-Arnat début janvier 2003. Quand nous sommes partis de France, nous pensions trouver un climat agréable, voire de la chaleur et en arrivant, surprise désagréable, tout était sous la neige, il faisait un froid de canard et des flocons de neige tombaient presque chaque jour. Sur la base ou il y avait de nombreux régiments, on les a vus partir un par un et nous sommes restés les derniers pour livrer la base aux fells. Les derniers temps, comme nous étions quasiment les seuls sur le site, nous étions de garde 1 nuit sur 3 et quand nous montions dans les miradors, nous ressemblions à des bibendums Michelin tant nous étions couverts (capote, djellaba par dessus et 1 ou 2 pulls en dessous).

Ensuite, nous sommes partis à Bougie (j'ai oublié les dates, je pense au début du printemps), nous avons d'abord été dans la ville haute dans la citadelle, ou nous sommes restés peu de temps, puis nous avons été transférés en bas au camp de la mer, j'étais à l'escadron de commandement et de services et donc nous sommes restés dans ce camp jusqu'au bout.

J'ai plutôt de bons souvenirs de cette période, à part les punaises qui pullulaient dans ces bâtiments en bois, les équipes de désinfection venaient tous les quinze jours et mettaient des produits et enfumaient les bâtiments, mais le soir même, il y en avait autant.

Puis, nous sommes revenus en France fin novembre pour passer le dernier mois au camp de Sissonne dans l'Aisne, ou nous étions logés dans des marabouts, dans la gadoue car il pleuvait sans cesse, nous avions peu de lavabos et pour se laver, entre le nombre important de soldats, et le nombre réduit de lavabos, le froid, ce n'était pas le Sofitel !

Voila, en quelques mots le résumé concis de ces 16 mois de service militaire.

Je suis désolé de ne pas être plus précis, mais je m'aperçois que j'ai oublié énormément de choses.

12_RCA_ETIENNE_MSila_portrait  Chasseur de 1ère Classe Joseph ETIENNE- Classe 61 2/A - Mess S/officiers ECS

Originaire d'Ille-et-Vilaine (35), j'ai été incorporé le 1er juillet 1961 à Vannes(56) pour faire mes Classes au 5ème Régiment de Cuirassiers. Je suis arrivé à M'Sila le 15 novembre 1961 où j'ai été affecté au Mess des S/officiers pour être dans les cuisines et servir en salle. Nous n'étions pas très nombreux, quatre ou cinq tout au plus et résidions en ville. Je n'ai pas connu le déménagement à Tazmalt étant en convalescence  en France, suite à une opération de l'appendicite.

Au retour, le Régiment n'était plus à M'Sila. C'est à la gare que je l'ai appris, donc direction Tazmalt pour un peu plus d'un mois.  Ensuite, déménagement à Aïn-Arnat, à côté de Sétif, toujours affecté au Mess des S/officiers. Là, j'étais responsable de tous les serveurs.

Ci-joint une photo de groupe, peut-être que certains se reconnaîtront. Les journées passaient très vite. Le matin, il fallait être debout à 6 heures pour servir le petit déjeuner, mise à part les nuits de garde. Enfin, il y avait une bonne ambiance malgré tout. Je ne me souviens pas de beaucoup de noms, c'est regrettable. Juste un nom, avec celui de Maurice GASCOIN : André DOUARD, originaire d'Ille-et-Vilaine, à côté de Vitré (35). Malheureusement, il est décédé il va y avoir deux ans. Si toutefois cela dit quelque chose à certains, il se trouve sur quelques photos. Je me souviens très bien de Maurice et je le remercie de vous avoir donné mon adresse. J'en ai de très bons souvenirs, même après 50 ans. J'ai donc été libéré le 28 janvier 1963. Ci-joint quelques photos.  

 12_RCA_DAUBIGEON__portrait_2_modifi__1     MDL Michel DAUBIGEON - Classe 56 1/C - ECS

Je suis arrivé avec un contingent à Meknès en novembre 56, directement en civil, par avion depuis Bordeaux Mérignac. Il y avait des incidents dans la médina et quelques incendies.

Les classes, puis affecté aux trans et départ pour 4 mois de formation au RT à Fès.

Au retour, CA1 et nomination Brigadier, puis départ en juillet et août 57 avec le 1er Escadron pour Bou Anane dans le Tafilalet (sous tentes 56). Liaison à Colomb Béchar et au monument du Général Lecler, comme tourisme.  CA2 ensuite.

Je ne me souviens pas de l’A/C Wattenne, mais j’ai du le rencontrer au moment du départ de Meknès auquel j’ai participé en ce qui concerne notre Peloton.

3 semaines à Casablanca, l’Athos 2, escale à Oran, Alger et Maison Carré. Le 12 mai 58, je suis envoyé avec un half track radio à la 10ème Région Militaire, ce qui m’a permis, compte tenu qu’il n’y avait pas d’incidents, d’être sur le forum le 13. Ambiance !

Ensuite, BBA et M’Sila (voir le quartier sous Google Earth), jusqu’à ma libération le 19 décembre 58.

Le Peloton était commandé par l’A/C Paignon avec l’Adj Chataignon, un autre appelé le MDL Georges Bonneau (libéré à l’été) et moi même.

 

12_RCA_DEVILDER_portrait La traversée de Marseille à Alger par le "Kairouan" en 20 photos, telle qu'elle a été vécue par nombre de Chasseurs.

Photos du MDL Michel DEVILDER du 2/12RCA.

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Le Chasseur ERIDZIAN prêt à sauter à l'eau...

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Le MDL J.P. ROLANDONNE dans sa cabine...

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Le MDL Michel DEVILDER...comme en croisière...

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Puis, vues par le train d'Alger à Bordj-Bou-Arreridj.

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Personnages de l' E.C.S.

Novembre 1961 - Le dentiste S/Lieutenant du 12ème RCA  Dino RADICE

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                                                                                                      Collection D. Radice

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Octobre 1961 - Le MDL ATHUIL et le MDL MAUJEAN 

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1960 - Le MDL Raymond HENRY, Fourrier à l'ECS 

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                                                                                                     Collection J. Maujean

 

1958 - Le MDL Michel DAUBIGEON

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Collection M. Daubigeon

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1959 - Le Brigadier/Chef Guy PLANTIVET

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                                                                                                                    Collection G. Plantivet

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Les Chasseurs Régis DEVIGE et Serge FOUCHER du Peloton Pionniers

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1958 - Le Chasseur Etienne BEDEZ

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                                                                                                               Collection E. Bédez

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1959 - Le Chasseur Claude BORDIER

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Citation du 1ère classe Claude BORDIER du 4 août 1959 

Chef d’équipe de voltigeurs, a participé à toutes les opérations de son peloton depuis juin 1958. Le 18 juin 1959, à M’Sila, a intercepté un commando rebelle qui tentait de pénétrer dans la ville et a récupéré un PA et une grenade. Au cours des mois de mai et juin 1959, a participé à la destruction de 11 caches et à la récupération de 9 tonnes de matériel d’intendance. 

 

 

Eté 1963 - Le Chasseur Michel PERSONNE, mécanicien à l'ECS.

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Famille M. Personne

 

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                                                                                                                    Collection J. Wattenne

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                                                                                                           Collection G. Levrey

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                                                                                                                 Collection J.C. Alliaume

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                                                                                                                     Collection G. Plantivet 

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 Citation du 1ère Classe Serge FOUCHER, blessé par balle à la cuisse au cours d'une embuscade, a été évacué vers l'hôpital de Sétif.

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                                                                                                    Collection S. Foucher

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Le départ des libérables de la Classe 57 1/B en gare de B.B.A.

ANDREJWSKI - BOUE - BRIGTHON - DEBRUINE - GARACH - GUNDRICH - HAUTECOEUR - HAFFNER - HEITZ - HOFF - HUSSON - MAY - MESSONI - MORINEAU - PORO - REMOND - SCHWARTS - TESSARI - TESSIER - TOUPY - VALADE - CHABAL - BOUCHEREAU _ CLAUDEL - GAI.

 

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Collection G. Garach

 

Eté 1960 - M'Sila - Le Père-Cent de la Classe 58 1/A

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                                                                                                           Collection R. Devige

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Fin mars 1962 - M'Sila - Le Père-Cent de la Classe 60 1/B de l' ECS.

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                                                                                                                    Collection M. Gruart

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                                                                                                                    Collection M. Gruart

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                                                                                                                   Collection M.Gruart

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                                                                                                              Collection M. Gruart

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                                                                                                              Collection M. Gruart

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                                                                                                               Collection M. Gruart

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                                                                                                  Collection M. Gruart

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                                                                                                            Collection M. Gruart

Le Chant du Peloton Pionniers de l'Adjudant WATTENNE :

Chant de Pionniers WATTENNE copie

Collection J. Wattenne

 

* L'Opération " ETINCELLE" dans le Hodna vue par le Journal "BLED", Hebdomadaire Militaire d'Information, du 18 juillet 1959.

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